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La « pochothèque » mensuelle de la rédaction #33

23 janvier 2024, par Untitled Magazine

La fin de mois est difficile et vous ne pouvez pas vous offrir les livres de la dernière rentrée littéraire ? Pas d’inquiétude, la rédaction d’Untitled Magazine a pensé à vous et vous a concocté une sélection de livres à petit prix mais de grande qualité !

Une reine, Judith Elmaleh

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C’est l’histoire de deux générations, celle de Mimi et Anna, celle d’une grand-mère et de sa petite-fille. Au début du siècle dernier, Mimi vit à Casablanca. À 14 ans, elle est mariée de force avec un homme qui avait 26 ans de plus qu’elle et qui était déjà marié. Paris, de nos jours. Depuis le décès de son époux, la vieille dame vit seule dans son appartement, entourée de ses souvenirs, prenant bien soin de respecter les traditions et les prescriptions du Talmud. Sa petite fille, Anna, doit quant à elle faire face à un divorce pour la seconde fois. Un nouveau travail, un nouvel appartement qu’elle doit remeubler, une vie qu’elle doit recommencer… C’en est trop pour elle, sur un coup de tête, elle décide de tout quitter pour rejoindre Mimi quelques jours à Casablanca. Mais entre les deux femmes, un monde et deux générations les séparent. 

Sous forme d’autofiction, Judith Elmaleh nous livre l’histoire de sa grand-mère Mimi. Sous sa plume légère, elle met en lumière l’existance de cette femme qui a vécu dans l’abgnégation et qui fut pendant des années au service du bonheur de ses enfants. Avec une pointe d’humour, elle fait cohabiter deux générations, deux femmes, en quête d’elles-mêmes qui finiront par se retrouver et signe un livre bien ficelé autour d’un héritage familial et de ses secrets bien gardés. Un magnifique roman qui parle de transmission générationnelle, de deux époques et de deux cultures bien différentes.

Critique rédigée par Marie Heckenbenner

"Une reine", Judith Elmaleh, Editions Pocket, 224 pages, 7,70 €

La maison des épreuves, Jason Hrivnak

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L’introduction de ce livre nous met en présence d’un homme qui apprend la mort de sa meilleure amie d’enfance qu’il n’a pas revue depuis des années. Après son suicide, a été retrouvée dans sa poche la page d’un carnet avec une écriture enfantine. Alors que personne ne comprend, lui sait de quoi il s’agit : l’extrait d’un livre qu’ils ont commencé à écrire enfants, sorte d’échappatoire à leur morne vie où ils mettaient au défi ceux qu’ils n’osaient confronter dans la vie réelle - le Terrain d’essai.

L’homme écrit donc La maison des épreuves pour elle, pour cette amie perdue mais aussi pour lui, pour trouver une réponse à sa culpabilité de l’avoir abandonnée il y a de cela des années et de ne pas l’avoir sauvée. Il invente une suite à leurs tentatives enfantines : un lieu qui met au défi chaque personne qui l’approche. Nous nous retrouvons ainsi face à un texte à la forme unique, suite de situations où nous sommes sommé.es de faire des choix, face à des alternatives toutes aussi farfelues et cruelles les unes que les autres.

Livre mystérieux, La maison des épreuves fascine et ne laisse pas indifférent.e, quelles que soient nos décisions.

Critique rédigée par Mathilde Ciulla

"La maison des épreuves", Jason Hrivnak (traduit par Claro), Éditions de l'ogre, 172 pages, 11€

Hôtel Castellana, Ruta Sepetys

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Madrid, 1957. Sous le joug de Franco, la Guarda civil sème la terreur sur la population. Le pays est divisé, les républicains assassinés et des milliers d’Espagnols vivent dans la pauvreté. Depuis la fin de la guerre civile, une dictature franquiste règne sans précédent. Mais alors que Franco ouvre petit à petit son pays à des investisseurs étrangers, Daniel Matheson, un jeune Texan, débarque pour l’été avec ses parents. Tandis que son père est venu signer un contrat dans le pays, le jeune homme rêve d’arpenter les rues de la capitale espagnole. Passionné de photographie, c’est à travers le viseur de son appareil qu’il découvre le pays de naissance de sa mère.

A l’hôtel Castellana, où il séjourne comme de nombreux Américains, travaille Ana. Une adolescente madrilène, fille de républicains écrasés par la dictature franquiste. Rapidement, ces deux êtres vont se rapprocher et la jeune fille va permettre à Daniel d’en apprendre plus sur le pays et les nombreux secrets dont il regorge.

A travers ces pages, entre histoire d’amour et grande Histoire, Ruta Sepetys offre une plongée dans l’Espagne du milieu du 20ème siècle. Parfaitement bien documentés, les chapitres donnent voix à plusieurs protagonistes pour conter l’histoire de ce pays, acculé par une longue dictature, et dans lequel il valait mieux se taire pour rester en vie. Entre faits réels, personnages et hôtel, l’autrice distille au fil du récit des articles de presse, des interviews ou divers points de vue d’autres personnages pour donner corps à son récit. Un roman entraînant qui nous plonge à nouveau dans une période de l’histoire oubliée !

Critique rédigée par Marie Heckenbenner

"Hôtel Castellana", Ruta Sepetys (traduit par Faustina Fiore), Editions Folio, 640 pages, 9,90€

Citadins de demain - Capitale du Nord, Claire Duvivier

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Ecrit à quatre mains, Capitale du Nord et Capitale du Sud sont deux sagas distinctes mais reliées, le cycle de La Tour de Garde, mais de quelle façon ? Pour ça, il faut lire les six tomes qui composent cette saga. 

La Capitale du Nord se nomme Dehaven, ville dans le brouillard, ville commercante avec un port prospère, dont l'imaginaire pourrait nous renvoyer à Amsterdam. Dehaven est dirigée par des grandes familles artistocrates dont les deux protagonistes font partie, Hirion de Wautier et Amalia Van Esqwill, enfants prodiges, élevés pour être des libres penseurs, pas des êtres oisifs comme les autres héritiers de la cité. Ils sont rejoints par Yonas Russmor, fils d'éclusier. Les trois jeunes protagonistes vont voir leur vie basculer lorsque Hirion achète dans une foire un coffre contenant un miroir et un peigne, qui semblent magiques. 

Roman fantastique, la magie contenue dans les objets d'Hirion fait contre poids avec une réalité sociale et économique où le peuple de Dehaven souffre dans les faubourgs de la ville. A la fois emporté par le côté fantastique de la saga, on peut aussi trouver des prises à la réalité. La Capitale du Nord est un premier tome réussi, qui pose les bases, installe le monde dans lequel les personnages vont évoluer. Ecriture et rythme parfaitement maitrisés, une fois à la fin vous n'aurez qu'une envie : lire la suite. 

Critique rédigée par Mathilde Jarrossay

"Citadins de demain, Capitale du Nord," Tome 1, Claire Duvivier, Editions Livre de Poche, 384 pages, 8,90 €

Le sang de la cité - Capitale du Sud, Guillaume Chamanadjian

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En contrepoint donc de cette capitale du Nord, il existe Gemina, la capitale du Sud, qui cette fois évoque une ville du soleil, une ville italienne ou encore Le Caire peut-être. Cette capitale est dirigée par des familles aristocratiques, des ducs et des duchesses, aux noms d'animaux, des clans qui règnent sur leurs quartiers. 

Le protagoniste de ce tome se nomme Nox, de son nom complet Nohamux, enfant recueilli par le duc de la Couane, qui règne sur le quartier du port. Nox est commis pour le Saint-Vivant, une épicerie fine, qui sert les grandes maisons de la cité. Mais sa vie va brutalement prendre un autre tournant quand sa vie est menacée. S'en suit une série d'aventures que l'auteur nous décrit de façon romanesque, un peu comme un roman de cape et d'épée, versant dans ce côté fanstastique qui font le sens de cette double saga. 

Capitale du Sud ne se lit pas en complément mais comme une saga à part, jusqu'au moment où (peut-être) ces deux villes vont converger. 

Critique rédigée par Mathilde Jarrossay

"Le sang de la cité - Capitale du Sud," Guillaume Chamanadjian, Editions Livre de Poche, 416 pages, 9,20 €

Watergang, Mario Alonso

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Jan est écrivain. Ou plutôt, Jan est le nom que prendra Paul quand il écrira son premier livre, à treize ans. Mais pour le moment, Paul n’en a encore que douze et consigne sa vie et son avis sur ce qui l’entoure dans des carnets qu’il cache dans les polders où il aime par-dessus tout aller courir.

Roman polyphonique par excellence, Watergang raconte la vie à Middelbourg, un village qui tourne autour de son seul bar. Paul y vit avec sa mère Julia - ou Super - qui travaille dans un supermarché, et sa soeur Kim - ou Birgit -, une jeune fille qui est enceinte. Paul est un original, mais c’est aussi un garçon banal qui aime passer du temps dans la nature, seul avec ses pensées et ses projets d’écriture. Un garçon banal dans une famille banale qui se débat avec les épreuves que lui présente la vie : un père qui a refait sa vie de l’autre côté de la mer, une jeune fille qui a décidé d’accueillir un bébé alors qu’elle n’est pas sortie de l’enfance elle-même, un garçon qui n’a pas d’amis.

L’action, la couleur rose et l’écriture sont autant de personnages de ce premier roman de Mario Alonso qui détonne et surprend par sa douceur décalée, joue avec le langage et fait la part belle à la nature.

Critique rédigée par Mathilde Ciulla

"Watergang", Mario Alonso, Editions Le Tripode, 208 pages, 10€

Ils sont aussi en poche :

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